IMGP8703

Originaire de l’Eurasie et naturalisée en Amérique, l’ortie est une plante commune apparaissant au bord des chemins, dans les fossés et les sols riches en nitrates ou en acide urique.

Il est préférable de récolter les feuilles vers le sommet de l’ortie, au printemps ou au début de l’été, avant que la plante ne devienne trop coriace. Un jour sec convient davantage, puisque l’ortie doit être séchée rapidement pour être stockée.

On la connaît pour ses piquants caractéristiques qui provoquent une vive urtication, dont on peut se débarrasser en blanchissant brièvement les feuilles à l’eau bouillante. On obtient alors un aliment comparable aux épinards quant aux manières de l’apprêter ainsi qu’à ses vertus nutritives. La racine et les graines ont également des propriétés médicinales très spécifiques.

Riche en minéraux

L’ortie est réputée riche en minéraux et oligo-éléments, notamment en fer et en magnésium, mais aussi en calcium, phosphore, potassium, manganèse, sélénium et zinc. Elle contient par ailleurs des vitamines A, B, C et K.

Ces nutriments lui confèrent certaines propriétés, comme celle de régulariser le taux de sucre dans le sang et d’alcaliniser l’organisme, d’autant plus qu’elle excelle à éliminer l’acide urique. L’apport en magnésium qu’elle fourni suffit généralement à éliminer les crampes menstruelles, lorsqu’elle est prise régulièrement. L’ortie atténue les menstruations abondantes et les saignements internes, grâce à son contenu en vitamine K, un facteur de coagulation.

Récupérer son énergie

L’ortie supporte les reins, qui sont associés à la détermination, au courage et à la résistance physique. Son contenu en minéraux nourrit les glandes surrénales, ce qui permet de conserver son énergie face à un stress prolongé et de la récupérer suite à un épuisement. D’ailleurs, la graine de l’ortie, en infusion, régénère les tissus des reins, rétablissant leurs fonctions et évitant à certains la dialyse.

Réchauffante et asséchante

L’ortie assèche l’excédant d’humidité et de mucus, fait circuler les stagnations et active les métabolismes lents. En Ayurvéda, on dit qu’elle pacifie kapha, est neutre pour pitta et aggrave vata, en trop grande quantité. On l’utilise lorsque l’organisme est en général froid, stagnant et humide.

Soigne la rétention d’eau, l’hyperplasie et le goitre

Ses actions diurétique, réchauffante et asséchante combinées en font un remède de choix pour éliminer la rétention d’eau et réduire l’inflammation des organes. En cas de goitre notamment, lorsque la thyroïde est inflammée et fonctionne à bas régime, l’ortie normalise sa taille et ses fonctions de façon spectaculaire.

Combat les irritations et les allergies

Cette plante, elle-même irritante et urticante, détient le pouvoir de diminuer les réactions allergiques et les irritations cutanées. La teinture d’alcool d’ortie semble procurer un effet antihistaminique particulièrement efficace. Lorsque des démangeaisons, des rougeurs et des petites bosses se manifestent sur la peau, en cas d’urticaire ou d’eczéma inflammé, l’ortie pourra être d’un grand secours.

Remède d’urgence pour les brûlures

Il est peu connu que l’ortie peut constituer un remède de premiers soins contre les brûlures. Il s’agit de la bouillir quelques secondes, de la laisser refroidir et d’en faire un emplâtre que l’on applique dès que possible sur les brûlures du 1er et du 2e degré. Cela aura pour effet de favoriser une résorption rapide de la blessure et d’éviter la formation de vésicules.

Racine d’ortie pour la prostate et les nycturies

Il est plus difficile de trouver de la racine d’ortie en magasin, mais la plante elle-même aura peut-être élu domicile dans votre jardin ou près du chalet. Quoi qu’il en soit, la racine d’ortie est un remède incomparable pour tonifier le sphincter de la vessie et soigner l’hyperplasie bénigne de la prostate. On peut l’utiliser pour soigner l’incontinence et les nycturies, communément appelées ‘pipis au lit’ chez les enfants. La racine peut être prise séchée, en infusion ou encore macérée dans l’alcool ou le vinaigre de cidre et administrée au compte-goutte.

Comment consommer l’ortie

L’ortie se consomme donc facilement en tisane de feuilles sèches ou fraîches que l’on infuse un dizaine de minutes, ainsi que dans l’alimentation, là où l’on emploierait des épinards (avec les pâtes alimentaires, en potage ou en ragoût, par exemple).

On retrouve aussi sur le marché des extraits concentrés dans l’alcool ou le vinaigre, ce dernier étant d’ailleurs un solvant plus efficace pour l’ortie en raison de sa capacité à extraire les minéraux. Suivez alors les posologies indiquées, qui varient d’une vingtaine à une centaine de gouttes par jour, réparties en deux ou trois doses.

Contre-indications

Certaines personnes ont de vives réactions allergiques à toute forme d’ortie, qui sont toutefois temporaires et sans danger. On peut alors remédier à la situation en appliquant des compresses de feuilles de plantain ou le jus de l’impatience du cap. Il ne faut pas combiner l’ortie avec le médicament Diclofenac ou le lithium.

En conclusion

Il convient de prendre de l’ortie sur une base régulière, une ou quelques fois par jour, si l’on souhaite bénéficier de ses vertus médicinales. Remarquez tout de même qu’une seule tisane d’ortie, administrée à une personne épuisée par le stress quotidien, aura parfois un effet remarquablement énergisant.

Un article de Jonathan Léger Raymond ; Thérapeute en Ayurvéda et herboriste accrédité, Jonathan Léger Raymond est porte parole pour la Guilde des Herboristes du Québec et il se spécialise en Ayurvéda, médecine traditionnelle de l'Inde. Il est également co-fondateur du centre Espace Ayurvéda à Montréal.