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 Qui sont ils ?

Les plécoptères sont un ordre d’insectes, très ancien, connu depuis le Permien. Les anglo-saxons les désignent sous l’appellation "Stoneflies" car ils sont, le plus souvent, observés posés, les ailes à plat, sur les pierres en bordure des rivières.

Ce sont des insectes hémimétaboles dont les larves sont toutes strictement aquatiques. Ils sont avant tout inféodés aux eaux fraîches et courantes. En effet leurs besoins en oxygène dissous sont élevés car la plupart des espèces n’ont aucun dispositif particulier pour le prélever : l’absorption d’O2 se faisant directement au travers de l’exosquelette tégumentaire. Chez quelques espèces on trouve des branchies sur le thorax (branchies coxales), à la base du cou (trachéobranchies) et à l’extrémité de l’abdomen (branchies anales).

 
     
   
   

La majorité des espèces est monovoltine avec un cycle vital d’un an ou moins. Quelques espèces, essentiellement dans la famille des Perlidae, possèdent un développement semivoltin : il demande deux ans pour accomplir leur cycle.

La plupart des Plécoptères se nourrit principalement de débris organiques fins (espèces broyeuses) et d’algues (espèces racleuses de substrat). Quelques espèces, notamment des genres Perlodes, Dinocras, sont en revanche de redoutables prédateurs de larves d’éphémères ou d’autres invertébrés aquatiques qu‘elles capturent grâce à leurs puissantes mandibules.

Au moment de l’émergence, la larve grimpe sur un support, tige de plante, rochers, s’y fixe et  effectue sa mue imaginale à la manière des libellules. La grande majorité des émergences semble avoir lieu de nuit. On peut trouver des exuvies,  parfois en grand nombre, surtout pour les Perlidae et Perlodidae, notamment au niveau des piles de pont.

Après l’émergence, les adultes volent ou, dans le cas de certains mâles aux ailes réduites (brachypterie), rampent pour gagner l’abri de la ripisylve. Ce phénomène de brachypterie concerne les deux espèces de grandes Perles les plus communes de France, Dinocras cephalotes et Perlodes microcephalus, ainsi que Taeniopteryx nebulosa.

 
     
   
   

Les Plécoptères ne sont pas des insectes très actifs et l’on n'aperçoit, généralement, que les femelles venant pondre sur la rivière. Chez certaines espèces, les femelles peuvent vivre 4 à 5 semaines, le temps que leur œufs maturent, mais pour la plupart, la survie ne dure que quelques jours.
Au bord de l’eau, on reconnaît les Plécoptères surtout à leur vol en hélicoptère. La couleur jaune des Isoperla et des Chloroperlidae permet également à l’observateur attentif de les distinguer des autres insectes.

 
     
Habitats larvaires :
 
 
   
   

Comme chez de nombreux groupes d’invertébrés aquatiques, il existe une zonation amont-aval des espèces de Plécoptères. Les larves sont inféodées à un ou plusieurs types de microhabitats qui sont définis par un ensemble de paramètres morphodynamiques : pente, courant, profondeur du lit, granulométrie du substrat, végétation aquatique, type de débris végétaux.
La présence-absence d’une espèce se fait par un ajustement à ces facteurs morphodynamiques, et à la température qui contrôle pour une part prépondérante la teneur en O2 dissous dans l’eau.

 
     
Zonation amont-aval :
 
 
   
   

La zonation amont-aval élaborée par Illies et Botosaneanu (1963) définit trois grandes zones : crénal, rhithral et potamal, elles-mêmes subdivisées.

  • Dans le crénal, on peut trouver de nombreux Plécoptères mais la diversité y est généralement faible. En région de plaine, ce type d’habitats se rencontre notamment dans les grands massifs forestiers. Les zones tourbeuses acides (tourbières ou bas-marais), même de superficie modeste, peuvent abriter de belles populations de Plécoptères. En plaine, les espèces les plus fréquentes sont : Nemoura cinerea, Leuctra nigra, Nemurella pictetii, Capnia bifrons. Même dans les ruisselets s’asséchant complètement en été on peut trouver de nombreux Plécoptères.
 
     
   
   
  • Dans le rhithral, les Plécoptères sont nombreux et très diversifiés. C’est dans les rivières de moyenne montagne que l’on trouve le plus d’espèces. Berthélemy (1966) cite la présence de 31 espèces dans l’Orle (bassin du Lez) à 860 m d’altitude. Toutes les familles sont représentées et celles des Nemouridae et Leuctridae y sont particulièrement diversifiées.
  • Dans le potamal (grand cours d’eau de plaine) vivent quelques espèces dites fluviatiles appartenant surtout aux familles des Taeniopterygidae, des Chloroperlidae, des Perlidae et Perlodidae.
 
     
La prospection des grands cours d’eau :
 
 
   
   

Dans les grands cours d’eau, les captures des larves sont plus difficiles en raison de la profondeur de l’eau, et celles

des adultes à cause des multiples cachettes. Pour la capture d’espèces hivernales, il convient de choisir les journées

ensoleillées et le moment le plus chaud de la journée ; prospecter en priorité les parapets des ponts et les touffes

de phalaris et de jeunes saules, situés à l’abri du vent en bordure du courant. Pour les larves on peut rechercher en

priorité dans les zones où le courant vient buter (coude de rivières), si possible dans les endroits peu

profonds. Rechercher également systématiquement le bois mort trempant dans l’eau en bordure des

courants ou coincé dans les chutes.
Les Plécoptères sont parmi les insectes, ceux qui symbolisent le mieux les rivières naturelles et sauvages.

La France possède encore un fabuleux patrimoine de sources, ruisseaux, rivières et fleuves parmi les plus

riches d’Europe car coulant dans des zones biogéographiques variées et dans des contextes géologiques

complexes. Si nos grands fleuves ont beaucoup souffert, il reste encore la Loire et ses affluents dans

lesquels on ressent le souffle, la force primitive qui permet d’y observer encore tout un cortège d’espèces

disparues ailleurs. Dans les régions de plaine, beaucoup d’espèces ont trouvé refuge dans les

ruisseaux forestiers mais ces populations restent néanmoins souvent menacées par leur isolement.

Beaucoup de populations de Plécoptères sont très affaiblies et les densités observées sont sans doute

très faibles par rapport à celles d’origine. La faune des grands fleuves n’a malheureusement pas été étudiée,

mise à part la Garonne avant les grandes perturbations (pollutions, travaux hydrauliques). Beaucoup de

cours d’eau ont vu une diminution significative des fortes pollutions organiques qui les affectaient dans

les années 60 et 70 ; de même les prélèvements de granulats dans les lits mineurs ont été interdits,

mais d’autres pollutions se sont développées, notamment par l’emploi des pesticides et l’irrigation qui s’est

aussi fortement accrue.

Le retour au « bon état » de la majorité de nos fleuves et rivières est  fixé par la DCE pour 2015 ; sur quels

critères se basera-t-on ? Pourquoi ne pas retenir le retour de certains Plécoptères dans nos grands

fleuves et prendre en compte l’évolution globale des peuplements en Plécoptères de nos rivières ?