Amphibien

La grenouille verte

Rana kl. esculenta

 

C’est l’amphibien le plus commun et le plus connu de tous. C’est pourtant le plus compliqué, car il est le fruit de l’hybridation de deux espèces : la grenouille de Lessona et la grenouille rieuse (Comme c’est une affaire de spécialistes pas d’accord entre eux, pour simplifier, on les appellera toutes grenouilles vertes). Elles passent l’essentiel de leur temps au bord de l’eau et leur coassement saccadé bien connu retentit du printemps à l’été. La reproduction débute fin avril et les métamorphoses se produisent en été. La grenouille verte est protégée en France mais sa pêche est tolérée.

 

 

La grenouille rousse

 Rana temporaria

 

C’est une grenouille terrestre qui ne rejoint l’eau que pour la reproduction. Celle-ci a d’ailleurs la particularité de se dérouler sur quelques jours en plein coeur de l’hiver (autour du premier janvier dans le Finistère !). Les métamorphoses ont lieu trois mois plus tard. Le reste du temps, la grenouille rousse fréquente de préférence les sous-bois et prairies humides. Cet amphibien de taille respectable possède un museau court et arrondi ; ses couleurs varient du brun-roux au gris-brun tacheté de noir. Le chant très doux et peu sonore rappelle le ronronnement d’une moto. Cette espèce n’est que partiellement protégée (commercialisation pour la consommation) mais est cependant menacée dans notre région par la destruction de ses habitats.

 

ponte en amas de la grenouille rousse.

 

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Grenouilles et Crapauds

 

 

La grenouille agile

 

Rana dalmatina

 

Très proche de la rousse par ses couleurs, elle se distingue par une allure plus élancée, un museau pointu et des pattes postérieures bien plus longues (le talon replié vers l’avant dépasse le museau). Les milieux fréquentés sont sensiblement les mêmes que la rousse mais les deux espèces semblent éviter la cohabitation. L’agile se reproduit dès les redoux (fin février à début mars) et les métamorphoses ont lieu vers juillet. La ponte se reconnaît à sa forme sphérique et fixée à un végétal. Le chant discret a lieu sous l’eau. Cette espèce protégée paraît plus commune à l’est de la région.

 

 

 

Le crapaud commun

 

Bufo bufo

 

Trapu, de couleur terre, peau pustuleuse et iris rouge cuivré, le crapaud commun n’a rien d’un apollon. Ce sympathique amphibien souffre d’ailleurs de son image laide et maléfique. Il est pourtant un hôte commun et fort utile de nos jardins. Il fréquente aussi, et surtout, les milieux frais et humides comme les sous-bois. Durant l’année, il occupe en fait trois site : estival, d’hivernage et de reproduction ; chacun éloignés de plusieurs centaines de mètres. Le site de reproduction est une mare ou un étang ; c’est là qu’ont lieu dès février-mars les rassemblements amoureux. Sur une période très courte, des cordons d’oeufs sont déposés dans l’eau peu profonde. La métamorphose se produit trois mois plus tard. Espèce protégée, notre crapaud est malheureusement une victime fréquente de la circulation routière.

 

Accouplement de crapaud commun

 

 

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Grenouilles et Crapauds

 

 

Le crapaud calamite

 

Bufo calamita

 

Beaucoup plus rare que le crapaud commun, le calamite se distingue de son cousin par sa taille moins massive, sa couleur grise tachée de kaki traversée par une ligne dorsale claire et par son iris jaune veiné de noir. Il est également bien plus vif et s’avère être un excellent coureur et grimpeur. Lorsqu’il chante, le mâle déploie son sac vocal bleuâtre situé sous la gorge ; grâce à celui-ci, le chant peut s’entendre de très loin. Malheureusement, pour entendre cette sérénade chaleureuse, il faut avoir beaucoup de chance car l’animal est très localisé en Bretagne ; il semble plus présent sur notre littoral. La reproduction démarre un soir humide d’avril quand les températures s’élèvent. Les choeurs chantants se regroupent alors dans des eaux peu profondes et bien chauffées, le plus souvent des queues d’étangs ou des points d’eau temporaires. Le développement des têtards est rapide et ceux-ci se métamorphosent environ sept semaines après l’éclosion. Le crapaud calamite est une espèce protégée et « à surveiller » selon le livre rouge des vertébrés de France.

 

oeil de crapaud calamite

Mâle qui chante

 

La rainette verte

 

Hyla arborea

 

Cette petite boule vert pomme de 4 cm se distingue de nos grenouilles par la présence de ventouses à l’extrémité des doigts et par la peau granuleuse du ventre. Ces équipements permettent à la rainette de grimper dans la végétation. D’ailleurs, l’habitat terrestre de la rainette est obligatoirement constitué de végétation haute (ceinture végétale des étangs, haies, lisières forestières…). La reproduction débute en avril. Les mâles arrivent les premiers sur le site (un point d’eau riche en végétation) et délimitent un petit territoire grâce à leur chant puissant et saccadé. Son sac vocal permet à ce tout petit animal de se faire entendre à plus d’un kilomètre ! La métamorphose se produit deux à trois mois après l’éclosion, au coeur de l’été. En Bretagne, la rainette est surtout présente à l’est de la région. Il s’agit d’une espèce protégée et « vulnérable » selon la livre rouge des vertébrés de France.

 

 

 

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Grenouilles et Crapauds

 

 

L’alyte accoucheur

 

alytes obstretricans

 

Voici un amphibien étonnant. Ce petit crapaud qui dépasse difficilement les 5 cm, se reconnaît à sa peau grisâtre et granuleuse, à son iris doré et sa pupille verticale. Mais sa grande particularité vient du fait que, après l’accouplement, le mâle transporte les oeufs entre ses pattes postérieures, et ce jusqu’à l’éclosion, quelques semaines plus tard ; Le jour J, sans s’immerger complètement, il libère ses têtards dans un point d’eau peu profond. Ceux-ci se métamorphosent de 2 à 15 mois plus tard, certains passant l’hiver. Il s’agit d’une espèce exclusivement terrestre qui fréquente les carrières, vieux murs, landes, jardins…mais jamais éloigné d’un point d’eau. Son chant très mélodieux et nocturne est une succession de notes flûtées. L’accoucheur est une espèce très localisée et bien sûr protégée.

 

Alyte avec ses oeufs

 

Le pélodyte ponctué

 

Pelodytes ponctatus

 

Petit crapaud d’à peine 5 cm, le « persillé » possède une peau verdâtre ou grisâtre parsemée de vert émeraude sur les verrues. L’iris est doré et la pupille verticale rappelle la forme d’une goutte d’eau inversée. Le pélodyte fréquente des milieux très variés mais le plus souvent ouverts et recherche de préférence des points d’eaux temporaires pour la reproduction. Celle-ci démarre plutôt en mars et les mâles font alors entendre leur curieux chant qui rappelle deux boules métalliques qui rebondissent l’une sur l’autre (certains parlent plutôt de semelle qui grince !). Les oeufs disposés en spirale sont fixés à des supports végétaux et l’éclosion a lieu très peu de temps après. La métamorphose se produit normalement 2 à 4 mois plus tard mais pour les pontes tardives, le têtard passe l’hiver. Dans notre région, le pélodyte est surtout présent sur le littoral et il fréquente volontiers les eaux saumâtres arrière-dunaires. C’est une espèce protégée et considérée « vulnérable » par le livre rouge des vertébrés de France.