Les niveaux d'eaux reportant constamment ma première sortie "Pêche Mouche" de l'année, m'ont en revanche permis entre deux travaux à la maison, de rédiger un article sur une sortie du mois de juillet dernier, lors d'une pêche aux graines sur l'Huisne. Voici quelques astuces pour espérer vous amusez un peu...

Peut être avez vous par moment l'envie de retrouver d'anciennes techniques de pêches ? celles qui vous ont appris à aimer le bord des rivières et offert vos premières bagarres et montées d'adrénalines ? Techniques laissées à l'abandon depuis que la pêche à la mouche est devenu votre passe temps favoris ? Pour ma part, il y a des périodes où je ne suis vraiment pas décidé à sortir le fouet, faute de conditions idéales, niveau d'eau un peu haut, un peu trouble, absence total d'éclosion, rendant la surface de l'eau désertique. Cela me pousse parfois à mettre de coté mon jouet préféré pour m'orienter ver un autre style de pèche. N'étant pas un fanatique ni un adeptes de la pèche en noyées et aux streamer (bien qu'elles réservent souvent de belles surprises), je préfère retourner ver un mode de pèche complètement diffèrent et mit de coté depuis trop longtemps, la pêche aux graines à la bolognaise, une sorte de pêche au coup, avec un moulinet...

Il y a dans l'Huisne, une multitude d'espèces en deuxième catégorie, dont les cyprinidés comme le barbeau ou la carpe, superbes poissons de combat, qui apportent de belles sensations. La rivière a quelques jolis trous dans lesquelles la préparation d'un coup peut réserver de belles surprises et permettre de passer de bons moments en goûtant à autre chose. Brèmes, gardons, goujons, vandoises, carpes, barbeaux, hotus, ablettes, il y en a pour tout le monde et pour tout les goûts.SAM_5935

Maiis, blé et chènevis, le trio à l'ancienne qui me fait rêver depuis tout petit et qui continu de me faire rêver aujourd'hui. Je revois les bourriches pleines des anciens il y à 20 ans. Celle de papa déjà remplie de jolis barbeaux, chevesnes, carpes, rotangles, tanches dès 8 heure le matin... Les temps ont changés, et même lui ne referas certainement plus ses belles matinées de pêche. La qualité du milieu c'est tristement dégradée, divisant considérablement les peuplements piscicoles. Mais croyez moi, il reste heureusement, encore suffisamment de poissons pour faire de jolies pêches. A condition d'utiliser un matériel fin et discret, et de préparer son amorçage méticuleusement.

Comment réussir un amorçage simple ?

Un amorçage ne se réduit pas à balancer trois tonnes d'appâts sur un spot choisi au hasard, et de venir y pêcher le lendemain... Vous devez déjà choisir le lieu de pêche qui devra réunir plusieurs critères importants. A commencer par la profondeur de l'eau, il est primordial de choisir un secteur assez profond. On sais que les plus gros poissons se trouvent le plus souvent dans les secteurs les plus profonds de la rivières. Mais il faut également tenir compte de la vitesse du courant, un courant trop soutenu vous obligerais à lancer votre ligne toutes les deux secondes, vous seriez vite lassés, en tout cas, moi, ça me gonfle... Mais il faut également éviter les secteurs trop calme à fond envasé. Préférez un poste avec un courant régulier dont le fond sera propre et riche en invertébrés, nourriture habituelle de tout les poissons. Ce qui sera déjà un bel avantage, vu que les poissons ont déjà pour habitude de côtoyer ce genre de postes. Vous serez déjà en présence de poissons sans même devoir amorcer. Mais afin de concentrer un maximum de poissons sur le coups, un mélange de graines sera parfait. Inutiles de dépenser des fortunes dans des amorces et appâts tous plus chers les uns que les autres, et rarement plus efficaces qu'un bon amorçage à l'ancienne bien équilibré.

En lançant ces trois graines en rivière au même endroit en surface, elles atteignent le fond dans des zones différentes. Le mais le plus lourd, rejoint le fond le premier, le blé, plus léger, s’immobilise quelques mètres plus bas suivi du chènevis. C’est ici que cette pratique prend tout son intérêt ! Car dans l’eau comme ailleurs, une hiérarchie s’est installée et c’est la raison du plus fort qui l’emporte. Les gros poissons, carpes, barbeaux... monopolisent le meilleur poste en tête de coulée, puis dans leur sillage, les poissons de taille moyenne, gros gardons, brèmes... peuvent s’alimenter à leur tour. Pour finir, quelques mètres plus bas, ce sont les gardons qui ont le droit de se disputer les miettes… De plus, la taille différente des graines permet de sélectionner les prises puisque la bouchée que l’on propose est directement proportionnelle à la taille des poissons que l’on recherche ! SAM_5844 Il est possible d’utiliser des graines prêtes à l’emploi, déjà cuites et conditionnées sous vide ou avec conservateurs. Mais l’idéal est d’acquérir crue une bonne quantité, 4 à 5 kg, de chaque graine. La cuisson varie de l’une à l’autre. Pour le chènevis, 20 minutes suffisent. Les graines sont rincées sous l’eau froide des l’apparition des germes blancs. Pour le blé, environ 1 heure tandis que pour le mais, il faut un peu plus d'une heure. Quelle que soit la graine, 24 heures de trempage raccourci de moitié le temps de cuisson. Les graines qui serviront pour l’eschage ne doivent pas être trop cuites mais au contraire, rester fermes pour bien tenir à l’hameçon. Il convient donc d’en prélever à temps une petite quantité, le reste, plus cuit, sera utilisé pour l’amorçage.

L’idéal est de disposer de quelques jours pour réaliser un amorçage d’accoutumance. 500 grammes de chènevis, 1 kg de blé et 1 kg de mais distribués quotidiennement , permettent de regrouper tous les affamés du secteur. Le jour J, les graines sont lancées toujours au même endroit à la main si possible, Plus le courant est fort, plus le poste est profond, plus il faut lancer haut ! Au début, une dizaine de graines de chènevis suffit toutes les trois ou quatre coulées. Dès les premières touches, il faut amorcer avec du blé une fois sur deux. Mais dès l’arrivée des gros poissons, il convient de panacher le rappel avec les trois graines. Le plus important est de garder toujours le même rythme d’amorçage
afin d’entretenir régulièrement le coup ! La seule chose qui change est la quantité : plus les touches sont nombreuses, plus elle augmente !

Le charme de cette technique est de pouvoir passer en quelques secondes d’une graine à l’autre. La capture de gardons est suivie de plus gros poissons. A chaque passage, la touche peut être différente. Celle du gardon au chènevis est toujours rapide, presque violente et il faut réagir très, très vite. Au contraire, avec du blé ou du mais, il faut laisser le temps au poisson d’engamer et attendre que le flotteur plonge franchement. Les coulées se suivent mais ne se ressemblent pas, les poissons se suivent et ne se ressemblent pas non plus ! Le réglage du flotteur est primordial. L’appât est décollé de 3 à 4 cm pour le chènevis, passe au ras du fond pour le blé et traîne franchement, 10 cm et plus, pour le maïs.

 

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Une canne de type anglaise est idéale pour ce type de pêche, ainsi qu'un moulinet basique garni de 50 à 100 mètres de 16 centièmes sera parfait pour le corps de ligne. Le 16 centièmes et un bon compromis entre résistance et discrétion, sachant que l'on peut tomber sur quelques gros barbeaux de plus de 80 centimètres, voir même quelques carpes dépassant les 10 kilos, il vaut mieux prévoir un minimum de résistance, tout en restant lègé... J'utilise généralement un bas de ligne de 12 centièmes qui permet de monter de petit hameçons pour le blé et le chènevis. Et si vous accrochez un de ces monstres en 12 centièmes, je vous souhaite bon courage, amusez-vous bien...